Ce que les nouvelles règles européennes sur les stablecoins pourraient signifier pour votre argent
Les régulateurs européens sont confrontés à une question pratique : où les émetteurs de stablecoins doivent-ils conserver les fonds qui adossent leurs jetons ? La directive MiCA impose actuellement aux émetteurs de conserver au moins 30 % de leurs réserves sous forme de dépôts bancaires, ce pourcentage passant à 60 % pour les émetteurs classés comme « significatifs ». Les banques centrales européennes ont contesté cette règle. Les dépôts importants en stablecoins apportent des fonds aux banques commerciales, mais les détenteurs peuvent retirer ces fonds rapidement en cas de rachats massifs.
La suppression de l'obligation de dépôt à terme modifie le lieu où les émetteurs détiennent leurs réserves. Les titres d'État à court terme et autres actifs liquides gagnent en importance si les régulateurs s'attachent davantage à la rapidité avec laquelle les émetteurs peuvent honorer les rachats plutôt qu'à la localisation des fonds. Ce choix a des répercussions tant sur les détenteurs que sur les banques.
Un stablecoin utilisé pour les paiements se comporte différemment d’un stablecoin rapportant des intérêts
Un token utilisé principalement pour les transferts est en concurrence avec les cartes, les virements bancaires et d'autres systèmes de paiement. Un token générant un rendement est en concurrence avec les dépôts et les produits du marché monétaire.
Les émetteurs de stablecoins perçoivent des intérêts sur leurs actifs de réserve. Certaines plateformes reversent déjà une partie de ces revenus aux détenteurs de jetons. La hausse des taux directeurs rend ce modèle plus attractif, car les réserves à court terme génèrent davantage de revenus.
Les banques se livrent alors une concurrence pour attirer les liquidités sur deux fronts. D'une part, les clients transfèrent leurs dépôts vers des stablecoins ; d'autre part, les émetteurs de stablecoins décident quelle part de leurs réserves ils souhaitent replacer auprès des banques. Les régulateurs influencent en partie l'issue de cette situation par le biais de règles relatives aux réserves et de restrictions en matière de rémunération.
Les banques mettent en place leur propre solution alternative
Les dépôts bancaires tokenisés permettent de conserver les fonds au sein d'une relation bancaire réglementée tout en les rendant transférables via une infrastructure numérique. Les entreprises disposent déjà de comptes bancaires, de lignes de crédit, de systèmes de trésorerie et de dispositifs de conformité. Les dépôts tokenisés élargissent le champ de ces relations, sans obliger l'entreprise à transférer ses liquidités vers une structure distincte de stablecoins.
Les stablecoins bénéficient d'un autre atout : leur diffusion. Ils circulent déjà entre les plateformes d'échange, les portefeuilles et les applications blockchain. La concurrence repose sur ce que chaque produit offre au client.
A stablecoin Le fait d'offrir des taux proches de ceux du marché monétaire incite les détenteurs à conserver leurs avoirs en dehors des dépôts classiques. Un dépôt bancaire tokenisé, directement relié aux systèmes de trésorerie des entreprises, incite ces dernières à conserver leurs fonds au sein du système bancaire.
Pour les investisseurs et les utilisateurs, trois chiffres méritent une attention particulière : quel est le montant des réserves de stablecoins détenues par les banques, quelle part des revenus revient aux détenteurs de jetons et quelle part des opérations de paiement est transférée vers des dépôts bancaires tokenisés.
